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Jose Mari Zabala, 2020/201

Magie, matière et nécessité

Un signe, tels nous sommes, et de sens nul.
(…)
Et nous avons presque
Perdu notre langue en pays étranger.
Friedrich Hölderlin.

Magic, matter and need
Magic, matter and need
Magic, matter and need

Zabala explique ainsi son projet:

"

Que ce soit la magie ou l’art, tous deux font allusion à la capacité spécifique d’œuvrer avec la finalité d’obtenir un bénéfice, dans une concaténation forcée de cause à effet. Tel est le sens original des termes, qui est la seule chose qui intéresse ici, et le principal objectif de ce projet est de mettre en valeur le prodige qui transforme la matière en fonction de la nécessité.

Tout d’abord, il convient d’expliquer que contrairement à ce qu’il pourrait paraître d’un point de vue superficiel, l’ordre matériel et l'ordre spirituel ne constituent pas une dichotomie dans laquelle ils s’excluent mutuellement ; ce serait plutôt l’inverse, puisque tout ce que l’être humain a imaginé et produit au fil des millénaires, et auquel il a recours en permanence durant toute son existence, est précisément le produit le plus notable de son esprit, qui est, avec la parole, le principal aspect qui le distingue du reste des êtres vivants.

l’être humain a imaginé et produit au fil des millénaires, et auquel il a recours en permanence durant toute son existence, est précisément le produit le plus notable de son esprit, qui est, avec la parole, le principal aspect qui le distingue du reste des êtres vivants.

Le plus ancien ustensile fabriqué par un hominidé qui ait été découvert à ce jour a trois millions d’années. À la première hache de pierre rudimentaire furent rajoutés d’autres outils – grattoirs, pointes de lance et de flèche, hameçons et harpons-, en pierre d’abord, puis en corne et os d’animaux, des innovations qui ne surgissent pas de manière fluide et spontanée mais qui s’incorporent peu à peu tout au long de millénaires d’activité cumulée.

Ces outils servent à l’être humain à obtenir sa nourriture et à élaborer ses vêtements, et ont un caractère strictement utilitaire à l’origine. Pourtant, à partir d’un moment déterminé, des détails accessoires commencent à apparaître, qu’on pourrait qualifier de purement décoratifs si ce n’est à cause de la complexité de leur confection, puisqu’en plus d'exiger des dons d’observation développés, ils requièrent une attention minutieuse, des conditions qui suggèrent qu’il ne s’agit pas d’une question secondaire.

En poussant plus loin cette réflexion, on commence à voir apparaître aussi certains objets non reconnaissables à leur utilité et qui pourraient avoir une valeur purement esthétique, s'il fallait les ranger dans des catégories connues. Utilisés comme éléments décoratifs, on trouve par exemple le coquillage ou la carapace d’une espèce marine consommée habituellement par le groupe humain, mais le mystère augmente quand l’espèce en question n’est ni comestible ni ne provient de l’environnement immédiat, et qu’elle a été ramenée d’une mer très lointaine si on considère les distances en ces temps reculés, avec pour seules valeurs apparentes sa forme et sa couleur, en même temps que sa matière d’une consistance particulière.

S’être créé lui-même est la plus grande réussite de l’être humain.

Il est impossible pour l’être humain actuel de sentir ce type particulier de nécessité qui met au même niveau ce qui est strictement utilitaire, indispensable à la subsistance, et ce qui pourrait être considéré comme purement ornemental. L’explication selon laquelle ces habiletés, ainsi que la parure corporelle, le chant et la danse, n’étaient que de simples caprices du moment, des distractions occasionnelles, ne suffit pas, car en ces temps critiques du commencement, chaque événement, dans n’importe quel domaine, a exigé des millénaires d’effort ininterrompu.

Pour compléter le tableau, il est possible aussi d’appliquer dans ce cas cette notion selon laquelle le plus important du voyage n’est pas la destination mais le propre trajet, en parlant du sens de la vie, car pendant que cet être d’origine obscure s’acharne avec ses pierres, il n’a pas conscience de sa principale réussite : sa propre transformation en un être supérieur.

S’être créé lui-même est la plus grande réussite de l’être humain.

Suivant le principe du projet Museo Bikoitza/ Musée Double de fonder la proposition sur des fonds de la collection du Musée San Telmo, et sans perdre de vue le sens premier du concept d’art, « Magie, matière et nécessité » représente l’opportunité de se pencher sur le monde de la production matérielle dans les domaines territoriaux et temporels immédiats de Gipuzkoa, en insistant particulièrement sur certaines caractéristiques spécifiques de sa démarche entrepreneuriale qui ont déterminé son apparition et son développement.

"Magie, matière et nécessité" représente l’opportunité de se pencher sur le monde de la production matérielle dans les domaines territoriaux et temporels immédiats de Gipuzkoa.

Qu’est-ce qui fait naître une idée et la fait fructifier, et quelle raison pousse la propre communauté familiale à s’impliquer à fond pour donner une continuité au legs générationnel de l’entreprise, souvent au prix de réinvestir les bénéfices- ce qui de prime abord représente plus de travail et plus de soucis- au lieu de tout simplement accumuler de la « plata », comme aurait dit Pepe Múgica, à grands coups d’opérations financières, sont des questions juteuses qui méritent d’être posées en ces temps « touristifiants » où les emplois mal rémunérés et à l’avenir incertain sont légion dans le secteur des services.

Il n’y a donc pas d’autres options de bénéfice que celles de l’oncle Picsou et Manolito de Mafalda, pour mentionner les représentants les plus drôles de cette pathologie si triomphalement célébrée ?

Pour quelqu’un qui a été éduqué dans la notion qu’une quincaillerie est un grand magasin de jouets, Patricio Echeverría, David Olañeta, les Calparsoro et Amunárriz, ou ce singulier précurseur qu’est José Ignacio López de Arriortúa, sont un petit échantillon du moteur du prodige qui a fait de nous ce que nous sommes (et il faut ajouter aussi que, heureusement et bravant les éléments, la saga ne va pas s’arrêter là).

Jose Mari Zabala

L’œuvre de Jose Mari Zabala (1949), fruit de plus de 50 ans d’activité, est centrée sur l’interpellation critique du quotidien immédiat du Pays basque, pour laquelle il a recours aux médias ordinaires de la technologie de consommation et de diffusion massive – vidéo, son, photographie, cinéma, dessin, graphisme—, avec une préférence pour les contenus généraux populaires sur des supports sans prestige. Son intérêt se porte sur l’humain essentiel, et tout spécialement sur ce qu'on qualifie de quotidien, ordinaire, insignifiant, banal, aux frontières souvent de la marginalité, en développant des pratiques opérationnelles étroitement associées au paradoxal-disruptif. Ses travaux couvrent une grande diversité de thèmes et de contextes, mais paradoxalement, les plus répandus sont ceux dont on ignore qu’il en est l’auteur.

Son œuvre est conçue en relation directe avec le moment historique concret, dans un jeu de contraste, et se caractérise par la proposition de modèles alternatifs très divers et sur mesure pour l’approche thématique, méthodologique et opérationnelle.

 

 

 

 


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